Lettre à moi-même

Le Pouvoir de la Vulnérabilité

J’ai travaillé pendant des années en cachant ce que je vivais vraiment. J’étais doué à ce jeu là. Je ne disais pas que j’étais constamment épuisé. Je ne disais que j’avais mal à la tête quasi tous les jours. Je ne disais pas que je ne me sentais pas à la hauteur, comme si j’étais un imposteur. Je ne disais pas que je ne pensais pas mériter mon salaire. Je ne disais pas que saisir mes heures à la fin de la journée était une souffrance. Je ne partageais rien de cette agonie au quotidien.

Je me sentais incompris, frustré, triste et déprimé. J’étais extrêmement poli et timide, le typique passif-agressif. J’ai cherché des solutions en fuyant, en fuyant dans mon mental à travers les bandes-dessinées, les livres et les échecs, et aussi les études. Je fuyais le week-end dans l’alcool, le tabac et même un temps avec la marijuana, finalement c’est le voyage et la spiritualité qui sont devenus ma nouvelle façon de fuir mes problèmes, bien que cette dernière a été comme un pont qui m’a ramené à eux en temps voulu.

J’avais lié tellement de souffrance au fait de travailler que c’était un conflit permanent à l’intérieur de mon être. Je suis devenu prof de Yoga et une part de mon être ne voulait pas de ce travail. Il y avait cette joie d’être le témoin de la transformation des élèves et en même temps une forte résistance intérieure qui me laissait perplexe. J’avais extrêmement honte de ne pas me sentir plus enthousiaste et motivé.

Lorsque les difficultés financières pointaient le bout de leur nez, il était inconcevable pour moi de redevenir employé, même à temps partiel. Il y avait tellement de douleur dans cette direction que je ne pouvais simplement pas l’envisager.

S'ouvrir à l'amour

Puis j’ai osé le dire, j’ai osé dire ce qui se passait vraiment, j’ai osé dire que j’avais des difficultés financières, j’ai osé dire que j’avais peur de décevoir, j’ai osé dire que j’avais souffert pendant toutes ces années, en silence.

Ma gratitude est gigantesque envers tous ceux qui m’ont tenu un espace où j’ai pu le partager et briser ce mur du silence. A l’époque je n’avais pas les outils ni les connaissances pour gérer cette situation et je n’étais pas prêt. Je n’avais pas le courage de partager ce qui avait vraiment de l’importance pour moi. Je n’avais pas ce désir de me mettre à nu et d’être complètement vulnérable. Je n’avais pas cette envie de faire confiance aux gens en leur donnant cette opportunité d’influencer mes pensées les plus précieuses.

Quelle joie, quel cadeau et quel soulagement que de révéler ce qui est le plus intime. Quel bonheur et quelle délivrance pour toutes ces tensions gardées constamment à l’intérieur pendant tout ce temps. Un sentiment profond de relaxation et de sérénité.

La vulnérabilité est ce qui nous unit au-delà de nos différences. Elle nécessite du courage et de la confiance, mais elle peut tout guérir. Elle est la place de naissance de la créativité et de la spiritualité. Elle appelle à la protection et à l’ouverture de celui qui écoute, elle appelle à une connexion profonde, intensément importante et riche de sens.

Lettre à moi-même

Je suis désolé, je n’ai pas eu le courage de m’ouvrir et de partager ce que je vivais vraiment. Je n’ai pas eu la force de voir ma blessure et de rester présent avec elle pour qu’elle puisse guérir.

Si je devais un jour me retrouver dans la même situation voici ce que je ferais :

Je ferais ma plus grande priorité de pouvoir partager les difficultés que je vis : à ma fiancée, à ma famille, à mes amis, à mes collègues et supérieurs. Je leur dirais que j’ai peur de ne pas mériter mon salaire parce que je ne me sens pas assez bien. Je leur dirais que dans le passé je n’avais pas le courage de leur en parler et je leur montrerais ma gratitude pour leur écoute attentive.

Je leur dirais que saisir mes heures me rappelle constamment cette souffrance et que je ne savais pas comment la diminuer. Je leur dirais que je ne suis pas parfait même si je veux le montrer. Je leur dirais que je ne suis pas invulnérable, même si je le souhaite secrètement. Je leur dirais que j’ai porté un masque, un masque qui me cachait et me protégeait et que j’en ai payé le prix.

Je leur dirais qu’il m’a fallut des années pour comprendre ce qui se passait en moi, sans pour autant avoir la prétention d’avoir tout compris à ce jour. Je leur dirais qu’il m’a fallut le Yoga et la méditation, ainsi que la psychologie du système familiale intérieur pour accumuler suffisamment de courage et de compassion. Je leur dirais qu’ils ne me connaissent pas vraiment, tout comme je ne me connaissais pas. J’étais un étranger pour moi-même qui vivait la vie qu’il pensait devoir vivre.

Carapace à toute éprouve... ou presque

J’ai cru que je m’étais ouvert mais il y a toujours des couches plus profondes. Aujourd’hui je m’ouvre d’avantage sans pour autant être au bout du chemin. Cette carapace a encore son rôle à jouer bien que mon approche soit désormais différente.

Je souhaite que chacun puisse vivre cette joie de comprendre sa vie sous une lumière nouvelle, car chacun a son histoire unique qu’il lui appartient de découvrir et d’approfondir pour amener sa contribution à ce monde.

Avec Amour,

Munisha

14 octobre 2019

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